Les chiffres ne mentent pas : en 2024, alors que les technologies vertes n’en finissent plus d’afficher leur croissance, la demande industrielle d’argent recule à contre-courant. Le Silver Institute le confirme, semant le trouble sur les marchés où les grandes banques, désormais, revoient prudemment leurs projections pour 2025. Derrière ces révisions, une réalité : l’offre mondiale grossit, les excédents s’accumulent.
Le marché de l’argent en 2024 : tendances récentes et contexte mondial
Difficile d’ignorer les soubresauts du cours de l’argent en 2024. Si l’industrie a continué de miser sur le métal pour alimenter ses chaînes, panneaux solaires, électronique de pointe,, la production mondiale a pris tout le monde de vitesse. Le Mexique et le Pérou, moteurs historiques du secteur, ont dépassé les prévisions, d’après les analyses du Silver Institute. Résultat : un décalage évident entre une offre dynamique et une demande moins vigoureuse que prévu.
Traditionnellement, l’argent métal évolue dans le sillage de l’or dès que l’économie vacille. Mais cette année, les investisseurs ont assisté à un décrochage. Les banques centrales ont gardé leurs distances, préférant des actifs comme le platine ou le palladium pour se prémunir des secousses. L’argent, lui, s’est retrouvé à l’écart, privé de ce soutien institutionnel.
Le cap des 30 dollars l’once semblait à portée de main, mais ce seuil n’a pas tenu. Le cours de l’argent s’est maintenu dans un couloir incertain, balloté entre les prévisions d’une Chine au ralenti et la vigueur du dollar. Les investisseurs institutionnels, quant à eux, jonglent désormais entre argent, platine et palladium, chacun suivant sa propre trajectoire depuis le début de l’année.
Cette abondance d’argent métal commence à rogner les marges des raffineurs. Les opérateurs attendent avec impatience la prochaine publication du Silver Institute : ce rapport pèsera lourd dans les décisions à venir sur le marché de l’argent pour la deuxième moitié de l’année.
Quels facteurs pourraient faire baisser le prix de l’argent en 2025 ?
Plusieurs éléments pourraient tirer le cours de l’argent vers le bas en 2025. Premier à surveiller de près : la politique de la banque centrale américaine. Si la Fed choisit de maintenir, voire d’augmenter ses taux d’intérêt, le dollar se renforcera. Pour les acheteurs internationaux, chaque once d’argent deviendra alors moins accessible, ralentissant la demande autant industrielle que spéculative.
La dynamique de la production minière n’est pas en reste. Si de nouveaux sites, notamment en Amérique latine, entrent en service ou si la production reste élevée, l’offre abondante pourrait peser lourdement sur les prix. Le dernier rapport du Silver Institute évoque un équilibre qui pourrait basculer si les extractions continuent sur ce rythme.
Côté usages industriels, un ralentissement dans l’électronique ou le photovoltaïque risquerait de provoquer un surplus sur le marché. Les fonds d’investissement, toujours à l’affût, ajusteraient alors leurs positions en conséquence.
Voici les principaux points de vigilance pour l’année à venir :
- Baisse des taux d’intérêt retardée ou remise en question par la Fed, changeant la donne sur le marché
- Production minière qui ne fléchit pas, voire repart à la hausse
- Demande industrielle qui marque le pas, notamment dans les secteurs porteurs
- Renforcement du dollar qui pèse sur la compétitivité de l’argent à l’international
Face à ces incertitudes, les analystes réajustent déjà leurs outils. Le moindre choc économique ou événement géopolitique pourrait tout faire basculer, parfois en quelques semaines.
Scénarios possibles pour 2025 et 2026 : entre incertitudes et opportunités
Impossible d’ignorer la fracture qui traverse les analystes. Certains prédisent une correction des prix de l’argent, s’appuyant sur des politiques monétaires restrictives et des perspectives économiques mondiales plutôt ternes. D’autres, à l’inverse, voient dans la volatilité du marché des métaux précieux le carburant d’un rebond technique.
Pour ce qui est des prévisions du cours, deux scénarios s’affrontent :
- Le premier, le plus probable à court terme : une consolidation prolongée sous le seuil des 30 dollars l’once, si la demande industrielle stagne et que le dollar ne faiblit pas.
- L’autre, plus spéculatif : une reprise de l’investissement en cas de regain d’inflation ou de tensions géopolitiques, propulsant l’argent métal vers de nouveaux sommets.
Dans ce contexte, chaque mouvement de la Fed, chaque signal venu de l’industrie photovoltaïque ou chaque tension sur l’offre minière est scruté à la loupe. Le marché de l’argent est soumis à des influences multiples, rendant tout exercice de prévision pour 2025 et 2026 particulièrement risqué. La volatilité restera forte, et les écarts de valorisation risquent de se multiplier.
Dans les mois à venir, la réussite appartiendra à ceux qui sauront anticiper les cycles et réagir aux à-coups du marché. Plus que jamais, l’agilité primera sur les certitudes.
Analyse critique des prévisions : quelles limites et quelles pistes à surveiller ?
D’une année à l’autre, les prévisions du cours de l’argent multiplient les écarts avec la réalité du terrain. Trop d’analystes se contentent de reprendre les projections du Silver Institute ou d’appliquer des modèles hérités du passé. Pourtant, le marché de l’argent réserve bien des surprises. Il suffit d’un sursaut de la demande industrielle, d’une variation de dernière minute des taux d’intérêt américains ou d’un ajustement imprévu sur l’offre minière pour que l’équilibre vole en éclats.
Il existe de véritables angles morts dans la plupart des modèles d’argent : prévisions de cours. L’effet des politiques monétaires, l’agilité des investisseurs face à l’inflation ou encore la capacité du Silver Institute à déclencher des revirements rapides sont souvent sous-estimés. Les scénarios, parfois trop linéaires, laissent de côté la part d’imprévu qui fait la spécificité des matières premières.
Pour garder une longueur d’avance, il faut rester attentif aux signaux faibles. Les prochains rapports du Silver Institute seront déterminants : évolution de la demande photovoltaïque, déplacement des centres de production minière, arbitrages entre argent et platine dans l’industrie. Se reposer sur un consensus confortable serait une erreur. Ce marché aime prendre les observateurs de court, surtout lorsqu’il s’agit de métaux précieux.
| Facteur | Impact potentiel |
|---|---|
| Décisions des banques centrales | Revalorisation ou correction rapide des prix |
| Production minière | Effet direct sur l’offre disponible |
| Innovation industrielle | Relance de la demande, notamment via le photovoltaïque |
Attendez-vous à naviguer entre incertitude et mouvement perpétuel : sur le marché de l’argent, la seule constante, c’est l’instabilité.


