Un demi-siècle d’existence, et deux camps se dessinent : ceux qui rêvent déjà d’un refuge sur les rives tranquilles, et ceux qui scrutent leur REER avec la même angoisse qu’un bulletin d’école mal noté. Les questions s’accumulent, griffonnées à la hâte sur les nappes de brasserie : quelle somme mettre de côté pour éviter les sueurs froides à la tombée du jour ?
2025 s’annonce avec son lot de subtilités fiscales inédites et quelques rebondissements capables de faire grimacer ou sourire, selon la prévoyance de chacun. Constituer son REER, ce n’est pas simplement aligner des chiffres sur un relevé : il s’agit de bâtir un plan solide, parfois acrobatique, qui conjugue ambitions pour l’avenir et vigilance face aux pièges de l’imposition. À 50 ans, ceux qui ajustent leurs choix pourraient bien troquer l’inquiétude pour la sérénité.
REER à 50 ans : où en sont les épargnants canadiens ?
La réalité oppose ceux qui anticipent leur retraite à ceux qui la voient s’approcher sans filet. Une fois la cinquantaine passée, les études bancaires placent la moyenne du REER entre 150 000 et 200 000 dollars. Mais cette moyenne masque des différences énormes : un quart des ménages ne dépasse pas 75 000 dollars, alors qu’une minorité a déjà franchi la barre des 300 000, tous placements confondus.
Les stratégies pour atteindre ces montants diffèrent. Certains diversifient : un REER consistant, complété d’assurance vie, de PER, de PEA ou d’investissements locatifs, pour profiter au mieux des avantages fiscaux. D’autres misent sur la régularité : des versements constants, convaincus que la discipline paye sur le long terme.
Voici les principaux outils sur lesquels s’appuient les Canadiens pour préparer leur retraite :
- REER : la pièce maîtresse, offrant une déduction fiscale immédiate et la perspective d’une croissance à l’abri de l’impôt.
- Assurance vie, PEA : des soutiens appréciés pour leur flexibilité et leur fiscalité avantageuse lors de la succession.
- Immobilier : valeur de confiance au Canada, recherchée pour sa stabilité et ses dispositifs de défiscalisation.
La fiscalité agit comme un chef d’orchestre silencieux, influençant chaque décision. À 50 ans, il ne s’agit plus seulement de réduire l’impôt ici et maintenant : il faut construire un ensemble cohérent où chaque dollar investi répond à une logique globale.
Combien devriez-vous avoir dans votre REER à 50 ans ?
À la cinquantaine, l’enjeu devient plus pressant. Le solde du REER à cet âge oriente la trajectoire fiscale pour les vingt années à venir. Plusieurs paramètres entrent en jeu : niveau de revenus, stabilité professionnelle, capacité d’épargne, profil de risque.
Un cas concret : pour garantir un revenu net de 80 000 dollars, la cible fréquemment évoquée se situe autour de 300 000 dollars de REER à 50 ans. Cela permet de maintenir un niveau de vie confortable sans être pénalisé par une fiscalité trop lourde lors des retraits.
Pour rendre l’évaluation plus précise selon la situation, on peut retenir les ordres de grandeur suivants :
- Pour un couple, la barre monte à 400 000 dollars, à ajuster selon la déclaration fiscale conjointe.
- Pour des revenus plus modestes (entre 40 000 et 50 000 dollars), un capital compris entre 120 000 et 180 000 dollars suffit la plupart du temps pour optimiser intelligemment la fiscalité.
L’avantage du REER réside dans sa déduction fiscale : chaque contribution réduit directement le revenu imposable, en fonction de la tranche marginale. L’astuce : moduler ses apports pour profiter au mieux de ce mécanisme et anticiper les déclarations à venir. Passé 55 ans, accélérer les versements peut s’avérer pertinent, juste avant d’atteindre le plafond de droits de cotisation.
Impossible de faire l’impasse sur la diversification : doser habilement entre REER, PER, assurance vie ou immobilier pour répartir la charge fiscale au moment des retraits.
Optimisation fiscale en 2025 : quelles stratégies privilégier à la cinquantaine
À 50 ans, le paysage fiscal offre encore de réelles possibilités, à condition de bien répartir entre REER et autres dispositifs de défiscalisation. L’année 2025 marque un resserrement du plafonnement global des niches fiscales et un contrôle plus strict des outils de réduction d’impôt, ce qui oblige à faire des choix plus sélectifs.
Il devient pertinent de privilégier les solutions qui allient avantage fiscal immédiat et disponibilité des fonds. Le REER demeure incontournable, mais les limites de déduction invitent à diversifier. Voici quelques pistes à envisager :
- Réserver des versements ciblés pour le REER, en visant la tranche d’imposition la plus forte afin d’en maximiser les bénéfices.
- Explorer les possibilités offertes par la défiscalisation immobilière (Denormandie, Malraux, Girardin), sans perdre de vue le plafonnement global annuel.
- Profiter des avantages de l’assurance vie (PEA, PER) pour bénéficier d’une fiscalité allégée sur les plus-values et préparer la transmission du patrimoine.
| Dispositif | Avantage fiscal | Plafond 2025 |
|---|---|---|
| REER | Déduction du revenu imposable | 18 % du revenu, max. 31 560 $ |
| Défiscalisation immobilière | Réduction d’impôt sur investissement | 10 000 €/an (plafond global) |
| PER/Assurance vie | Fiscalité allégée sur rentes/capital | Pas de plafond global, mais plafonds spécifiques |
À la cinquantaine, il s’agit d’anticiper le bon moment pour retirer ses fonds et de panacher les supports afin de profiter au mieux de la réduction d’impôt sans augmenter inutilement l’exposition au risque. L’objectif est de composer un portefeuille équilibré, adapté à la réalité de son patrimoine.
Scénarios concrets et conseils pour maximiser son REER avant la retraite
À l’approche de la retraite, piloter son REER demande adresse et réactivité. Les options pour améliorer la fiscalité sont multiples et doivent s’adapter à chaque profil.
Gestion pilotée ou gestion libre : deux façons d’avancer
- Gestion pilotée : idéale pour ceux qui préfèrent confier les commandes. Un professionnel assure un équilibre entre actions, obligations et liquidités, limitant les mauvaises surprises au moment de partir à la retraite.
- Gestion libre : réservée à ceux qui souhaitent tout contrôler et ajuster eux-mêmes leur portefeuille. Cette autonomie nécessite une vigilance constante, tant sur les marchés que sur les évolutions réglementaires.
Sortie en capital ou rente viagère : choisir selon sa trajectoire
Le mode de sortie a un impact direct sur la fiscalité et la transmission du patrimoine :
- Sortie en capital : permet de financer un projet, comme l’acquisition d’une résidence principale ou un investissement locatif en LMNP. En contrepartie, la somme retirée est soumise à l’impôt sur le revenu.
- Rente viagère : offre la sécurité d’un revenu stable, avec un abattement fiscal sur la partie imposable. Un choix judicieux pour alléger la fiscalité sur le long terme.
Il est pertinent de caler ses versements pour tirer profit de la tranche marginale d’imposition la plus haute. Les déductions fiscales liées à la pension alimentaire ou à l’amortissement en location meublée sont également des leviers à ne pas négliger. Enfin, la gestion à horizon mérite d’être soignée : ajuster le niveau de risque à l’approche de la retraite, sans négliger la performance tant que la phase de constitution du capital n’est pas achevée.
Aborder le cap des 50 ans avec un REER bien construit, c’est s’offrir une traversée plus sereine. Ceux qui prennent le temps d’ajuster leur cap aujourd’hui éviteront bien des remous lorsque les vents tourneront.


